Excursion ornithologique franco-belge à Regniowelz & Cul-des-Sarts,

(20 mai 2013)

Une organisation du " ReNArd " pour la France, de " Viroinvol CNB " et " Natagora ESM " pour la Belgique

Malgré une météo des plus défavorables, c'est tout de même une quinzaine de personnes qui s'est rassemblée, pour parcourir une partie du sentier balisé dit " des douaniers ", à la découverte des oiseaux. Et ils ont eu raison car, si le temps gris les accompagne toute la matinée, la pluie, elle, se fait oublier.
La balade a pour but de réunir des naturalistes résidant des deux côtés de la frontière. Cette démarche peut en effet créer des liens qui favorisent une dynamique locale pour une meilleure connaissance de la nature ardennaise. Que ce soit en Champagne-Ardenne du côté français, ou dans le sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse pour la partie belge, cette zone naturelle est le parent pauvre de l'attention des naturalistes. Or, elle abrite une nature des plus fragiles, à cause des conditions environnementales très particulières qui lui sont nécessaire pour survivre.
Un journaliste belge pose quelques questions et prend un cliché. Un petit article devrait être publié d'ici une semaine dans le " Vers l'Avenir, Entre-Sambre-et-Meuse ".
Voici Alain Sauvage, accompagné de son épouse, qui guident pour le ReNArd ; Thierry Dewitte est là pour le Viroinvol CNB , en collaboration avec Natagora ESM. Il est 9h : le groupe se met en route. Bien vite des choucas des tours sont repérés grâce à leur manège. Ils apportent des matériaux de construction d'un nid qu'ils introduisent dans des cheminées. Des étourneaux vont et viennent : ils nourrissent. Hirondelles de cheminée, de fenêtre et Martinet noir volent bien bas, signe que la météo ne va pas s'améliorer. Un couple de canards colverts s'envole depuis l'Eau Noire, rivière qui abrite le cincle, la bergeronnette des ruisseaux et le martin-pêcheur, mais ces derniers ne seront pas vus aujourd'hui.
Le cours d'eau marque la frontière entre les deux " pays ". Un rouge-queue à front blanc chante depuis l'arrière des jardins ; on le cherche, mais il change de place trop souvent. Les mésanges charbonnière et bleue vont et viennent : nul doute, on est proche de cavités occupées. Depuis le bocage, accenteur mouchet, troglodyte mignon, rouge-gorge, merle et grive musicienne s'expriment par le chant. Est-ce déjà pour une seconde nichée ? Une femelle de faucon crécerelle nous survole à basse altitude. Nous trouvons le mâle, puis leur nid, un peu plus loin.
Une maison isolée abrite un très vieux poirier haute-tige d'où dépasse un ancien nid de corneilles ; celui-ci est adopté par les crécerelles qui ne construisent pas leur nid eux-mêmes. A ce moment, une bondrée apivore se laisse bien observer, pour le grand plaisir de la plupart des participants. Il s'agit du premier individu remarqué dans la région cette année. Elle nous revient d'Afrique vers la mi-mai. Proche de la buse, elle en diffère par la longueur de la queue (plus courte chez la buse), la tête qui ressort particulièrement et les ailes formant une ligne horizontale (pour un V chez la buse, le busard,...). Se nourrissant de couvain de guêpes dont elle déterre les nids, elle présente une narine en fente (pour se protéger des piqures), alors qu'elle est circulaire chez la buse variable. Un couple de tariers pâtres et un rouge-queue noir cherchent leur nourriture depuis le haut des fils barbelés.
Quelques moutons attirent deux bergeronnettes grises, dont un ancien lavoir semble abriter le nid. Une friche attire notre attention : pouillot fitis, linotte mélodieuse, fauvettes grisette et à tête noire se laissent observer à loisir. Mais la vedette du lieu est l'hypolaïs polyglotte : deux mâles chantent, formant un duo en duel, une " joute chantée ". L'un d'eux s'est hissé au sommet des branches, nous permettant de noter les différences avec les rousserolles ainsi qu'avec l'hypolaïs ictérine.
Du haut d'un prunier, c'est cette fois une fauvette des jardins qui se laisse admirer longuement. Clic clac merci les photographes : on se croirait sur les marches de Cannes, enfin, presque... ici il pleut moins ! La campagne herbagère nous permet d'admirer un bruant jaune, une alouette des champs, plusieurs buses variables, à nouveau un couple de tariers pâtres et un chanteur de rouge-queue à front blanc ; ce ne sera pas le dernier. Nous franchissons ici le cours d'eau au parcours très sinueux, pour nous diriger vers le Fort Vert. Nous avançons prudemment car un couple de tarier des prés y a été renseigné sur le site d'encodage des données. Mais ce sont les pipits des prés et des arbres qui sont surpris. Voilà l'occasion de comparer plumage, chant, parade et habitat de ces deux espèces visuellement proches.
Nous rejoignons quelques habitations. Linottes et chardonnerets égaient les jardins de leur chant. Un hypolaïs polyglotte surgit d'une haie. Nous l'écoutons, tout en abordant le problème du rejet des eaux usées dans l'environnement, alors que l'épuration individuelle est obligatoire.
L'enrichissement excessif (eutrophisation) de l'environnement est le problème numéro 1. Ensuite, on découvre des plantations de production de sapins de Noël. La strate herbacée est complètement détruite à l'herbicide afin de maintenir " propres " les branches basses des sapins, pour le commerce. Nous insistons encore auprès des participants sur l'importance d'entreprendre activement des démarches pour connaître et protéger les dernières surfaces d'intérêt biologique du plateau ardennais.
Mais il est déjà midi et nous accélérons le pas pour rejoindre les véhicules afin de " pousser une pointe " jusqu'à Eteignières. Deux jeunes cigognes blanches sont bien visibles sur leur nid, quelque peu abrités par un adulte. Le second adulte arrive, tandis qu'une cigogne noire est vue un court moment (trop court pour satisfaire les ornithologues et les photographes. Heureusement les milans noirs se laissent approcher, peu enclins à se déplacer sous une pluie qui les alourdit. Une nouvelle pièce d'eau nous permet l'observation d'un chevalier guignette intrigué par la concentration d'hirondelles.
Oui, cette fois le mauvais temps est revenu...

 

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